vendredi 17 décembre 2010

Welcome to"1984" d'Orson Wells

Je vous écris de mon balcon surplombant les eaux turquoises de la mer d'Andaman. Il est 9 heures du matin, 3h en France. Je profite de l'ordinateur pendant que Julien plonge. Nous ne sommes ni au Myanmar, ni en Malaisie mais de nouveau en Indonésie. Nous avons craqué sur cet endroit grâce aux photos de "Pulau Weh" sur google image et aux commentaires élogieux sur la tranquillité des lieux. La précédente censure de notre blog me semblant injuste, je me permets de revenir sur le Myanmar pour vous narrer la suite de nos aventures courant novembre.

La fin du colonialisme anglais aurait pu marquer le tournant d'un Myanmar autrefois appauvrit par les occidentaux. L'assasinat de 1948 d'Aung San en a décidé autrement. Le seul leader politique prônant la démocratie a disparu au profit d'une dictature militaire. Depuis, le peuple ne cesse de manifester son dégoût. En 1988, 300 moines bouddhistes sont assasinés pour avoir tourné leur bol d'aumône en signe de protestation. Pour asseoir l'autorité politique, les dirigeants décident d'organiser des elections l'année suivante, en 1989. Orson Wells, dans "Chroniques birmanes", roman publié en 1936, explique que la corruption était déjà monnaie courante avant-guerre. Seulement, la candidate opposante n'est autre que l'orpheline d'Aung San, ancienne camarade de classe de Ghandi. Incarnant le Myanmar pacifique et prospère, elle obtient une majorité écrasante de 85%. Surpris par son échec, le pouvoir militaire fait enfermé Aung San Suu Kyi. Pour note, elle a reçu le prix nobel de la paix en 1991.

L'après-guerre illustre le climat politique actuel du Myanmar. Un pays corrompu sous le joug d'une puissance militaire. Bienvenu dans "Truman show", un monde factice où tout semble rose. Tout est orchestré pour donner l'illusion d'une démocratie.  Pourtant, des millions d'habitants vivent dans une pauvreté accablante. C'est la première fois que nous voyons autant d'habitations privées d'electricité et d'eau courante. La majorité de la population se compose de paysans. Comme au moyen-âge, ils emploient des boeufs pour labourer les champs à la main. Bien entendu, les habitants risquent l'emprissonnement s'ils nous font part de leur opinion politique.

Aussi, le pays est quasi fermé au tourisme. Pour exemple, toutes les frontières terrestres sont bloquées. Plusieurs routes et lignes de chemin de fer à l'échelle nationale sont interdites aux étrangers. Le moyen le plus simple de voyager est de prendre un tour organisé qui reverse une grosse somme au gouvernement. Le Myanmar autorise le tourisme pour bénéficier de l'apport des dollars neufs en grosses coupures. Séduisant n'est-ce pas?

En dépit de ce constat accablant, nous avons été séduit par le Myanmar. Les Birmans sont de loin les personnes les plus attachantes que nous ayons rencontrées. Consciencieux de vivre dans un véritable enfer, ils semblent heureux que nous nous intéressions à leur pays. Le Myanmar fut autrefois une grande civilisation. Du IXe au XIIIe, le royaume de Pagan était le miroir birman du royaume d'Angkor. Des milliers de stûpas ayant résisté à l'épreuve du temps, nous sommes allés constater l'ampleur de cette civilisation à Pagan et autour de Mandalay.

Après nos escapades culturelles, nous nous sommes reposés au bord du lac Inle. Situé dans les montagnes et long de 20km, il constitue un lieu idéal pour des balades à pied ou en vélo. Par soucis d'économie, nous avons décidé de faire un tour en bateau à la journée avec d'autres personnes. Il s'agissait de 3 français de Nice et d'Alès : Philippe, Nathalie et Gérard. Le courant passa si bien que nous avons partagés nos repas et activités suivantes en leur compagnie pendant presque une semaine. Nous les avons rencontré dans un moment critique où nous étions lasses de voyager. Leurs visions du voyage et leur bonne humeur nous ont apporté un peu de fraicheur! Au passage, je remercie Gulben (Angleterre), Aurore, Quentin, Maria, Noel, Barbara, Paul (Bolivie), Pascal, Anthony (Pérou), Jennyfer, Macarena, Grabriel (Chili), Catherine (Australie), Anthony (Indonésie), Ingrid, Thomas (Vietnam), Jeanne (Cambodge), Philippe, Nathalie et Gérard (Myanmar). Grâce à eux, nous avons passé de formidables moments!

Pagan


Découverte des environs de Pagan en vélo


 Stûpas à perte de vue sur la plaine de Pagan

Habitat type du Myanmar


Lac Inle


Julien, Gérard, Nathalie et Philippe


Village flottant, lac Inle

jeudi 9 décembre 2010

L'île aux tatoo, chaleur et pagodes d'or

Se rendre au Myanmar (anciennement Birmanie) n'est pas une fine affaire. Pour cela, on doit acheter un visa de 28 jours et emporter un sac rempli de dollars. Car une fois sur place, il n'y a pas l'ombre d'une banque. Et lorsqu'on choisit d'entrer dans un pays politiquement instable au moment des élections, tout se corse. A Phnom Penh, la capitale du Cambodge, l'ambassade exige maintenant un délai de 15 jours pour délivrer le visa touristique. A Bangkok, les agences de voyages rechignent à faire les démarches car on ne rigole pas avec la bureaucratie birmane. Les photos d'identités répondent à une norme bien précise et on nous enquête pour vérifier si notre séjour à une vocation journalistique.

Nous avons dû quitter le Cambodge au plus vite pour être sûrs d'obtenir nos visas avant le 18 novembre, jour de notre vol. Ces longues démarches administratives nous ont rappelé avec nostalgie la préparation pour notre grand voyage. Après une queue interminable à l'ambassade du Myanmar de Bangkok, nous avons sauté dans le premier bus pour rejoindre une plage solitaire.

Fidèles à notre vœu le plus cher, nous nous sommes reposés une semaine sur une île paradisiaque thaïlandaise. Enfin, c'est ce qu'on croyait en voyant la brochure de Kho Chang. Certes, la mer turquoise et la plage cotonneuse de sable blanc offrent un magnifique panorama. Le poisson grillé embaume le village. La fraicheur des mojitos nous donne l'eau à la bouche. Tout serait parfait si la Lonely beach (la plage solitaire) n'était pas envahie par tous les marcels et les blondes décolorées. L'accès à la plage se fait par une charmante ruelle bordée de maisons de bambous. On voit régulièrement des Australiens ressortir de ces demeures de fortune avec un beau tatouage flambant neuf. La question qui nous trotte est : « Agissaient-ils sous l'effet du whisky local ?» . Il y a autant de fêtards que de tatoués. La thèse de cause à effet n'est donc pas à exclure... Sous fond de « foire à la saucisse » (NDRL : c'est une manie !), nous retiendrons de Kho Chang ses superbes bungalows en bord de mer, sa cuisine thaï savoureuse et ses coraux habités par de nombreux bans de poissons.

De retour à Bangkok, nous avons profité de la proximité de l'ambassade du Myanmar avec le quartier des banques pour acquérir des dollars en allant récupérer nos passeports. J'ai encore fait un caprice pour manger dans le luxueux restaurant nippon proche d'HSBC. Et si je rédigeais un guide de voyage sur les restaurants japonais ?

Et maintenant, nous voici en Malaisie. Notre blog étant censuré au Myanmar, j'édite aujourd'hui mes premières impressions sur le pays des pagodes dorées. L'ambiance est bien différente des pays frontaliers. On sent l'influence indienne et le recul touristique. Les seuls « gros nez » - c'est-à-dire les étrangers – sont de grands humanistes qui palpitent à l'idée de discuter avec des locaux autour du somptueux royaume oublié de Pagan. Devant notre hôtel, nous voyons circuler  des voitures blanches toutes cabossées au volant inversé. Toutes les demi-heures un vélo traine une remorque avec une enceinte qui crache une musique étrange. Sous un soleil de plomb, nous découvrons les vestiges de l'empire britannique : églises anglicanes, appartement de briques rouges et bâtiments administratifs. Chose étrange, sur le rond-point central est placé un stûpa bouddhique recouvert de plusieurs tonnes d'or. Au-delà de toutes ces merveilles architecturales nous sommes vraiment choqués par la pauvreté et touchés par le charmant accueil des habitants. Mais pourquoi les Birmans sont-ils aussi gentils?????

 Trop heureuse de manger japonais!

Bangkok

Julien, les cheveux au vent

Tour en bateau aux environs de Kho Chang

Yangon, Myanmar

Pagode Shwedagon recouverte de 60 tonnes d'or, Yangon

Vestiges coloniaux, Yangon

Yangon, d'un bar au 40e étage