mercredi 16 juin 2010

Lamas, patates, et feuilles de coca

Samaipata, 19e jour en Bolivie.

Aujourd'hui, ni photos ni accents. Les temps sont durs. Je suis dans un cybercafe dans le petit village perdu de Samaipata en Bolivie. La moitie des lettres sur mon clavier sont effacees, il y a une grosse fissure noire au milieu de mon ecran et internet va aussi vite qu'au siecle dernier.

Apres 4 jours de balade memorables dans les salines d'Uyuni en jeep (a plus de 5000m d'altitude parfois), nous nous sommes d'abord arretes quelques jours dans la ville de Potosi. Il s'agit de la plus haute ville du monde, a 4100m d'altitude. Et pour pousser le vice jusqu'au bout, ses fondateurs ont eu l'etrange idee de la construire sur une pente. Il suffit d'aller chercher son pain le matin pour avoir l'impression d'avoir fait un marathon.

Nous avons ensuite passe une semaine a Sucre. Il s'agit de la 3e plus grande ville de Bolivie. Nous avons decide d'y suivre des cours d'espagnol. Pendant 5 jours, 3 heures par jours, notre professeur particulier bolivien Isaac nous a initie aux joies de la grammaire espagnole. En 2 mois en Amerique du Sud, nous etions capables de vaguement baraguiner mais il nous manquait un minimum de notions de base. Alors qu'en Asie il n'est absolument pas necessaire de savoir parler la langue locale (tout le monde se debrouille en anglais), ce n'est pas du tout le cas ici ! Absolument personne ne parle anglais, meme dans les lieux les plus touristiques. Il ne nous reste maintenant plus qu'a pratiquer un peu avec les indigenes locaux (qui parfois ne parlent que quechua, la langue des incas, mais c'est un autre probleme...).

Nous voila donc maintenant dans le petit village de Samaipata, situe a quelques heures de bus de Santa Cruz. C'est ici que le Che a ete fusille. Le village est manifestement un lieu de predilection pour les hippies. Il y a plusieurs communautes qui se sont installees dans les collines avoisinantes ! Il faut dire qu'il fait bon vivre ici. Le temps est beaucoup plus doux que dans le reste de la Bolivie et les environs sont charmants. Une fete traditionnelle locale va etre organisee pour le solstice en fin de semaine (qui est le solstice d'hiver ici je precise : et oui nous sommes dans l'hemisphere sud !). Nous allons donc peut etre rester quelques jours ici pour y assister.

jeudi 10 juin 2010

Traversée de la frontière boliviene

Nous voici en Bolivie depuis une semaine. Nous avons traversé le nord de l'Argentine en suivant la magnifique route 40, la route que le Che a empruntée pour faire la révolution. Elle épouse le long des Andes jusqu'en Bolivie et offre un éventail de paysages à couper le souffle : des vignobles, des déserts, des canyons aux couleurs de l'arc-en-ciel, des hauts plateaux sans trace de végétation ornés de relief en terre sienne, des salines, etc.

L'automne et l'hiver correspondent à la saison sèche en Amérique Latine, ce qui signifie que le soleil est au rendez-vous tous les jours avec des températures estivales l'après-midi. Dommage qu'une fois la nuit venue tout se transforme en réfrigérateur géant ! En même temps, que pouvais-je attendre d'une cité située à 3000m d'altitude?

Le sud de la Bolivie diffère de l'Argentine. Les paysages deviennent majestueux et dépourvus de trace humaine. Seuls quelques chemins de terre accessibles en jeep permettent de contempler les grandes plaines désertiques ponctuées de lagons et de volcans. Nous avons parcouru un de ces chemins pendant 4 jours en compagnie de deux Argentines, une Allemande, deux Belges et deux Anglais. Les conversations franco-anglo-espagnoles étaient parfois folkloriques ! Le dernier jour, comme des amis de longue date, nous nous sommes longuement amusés à prendre des photos dans le Salar d'Uyuni. Il s'agit d'une ancienne mer morte de 12 000km² transformée en carrière de sel. Les coraux morts situés sur les îles attestent de la présence de l'eau jadis. Notre guide nous a d'ailleurs affirmé que ces plantes sous-marines proviennent du déluge. Oui, la civilisation espagnole a laissé des traces ici...