jeudi 19 août 2010

Kings Canyon, Kata Tjuta & Uluru

Ces trois derniers jours, nous avons visité le célèbre site d'Alice Springs. Ces curiosités géologiques se trouvent au coeur de l'Australie, en plein milieu d'un désert de sable rouge. Ce sont de surprenantes montagnes qui émergent en plein milieu d'une plaine large de plusieurs milliers de kilomètres. Aussi, le peuple aborigène a élu ces reliefs comme lieux de cultes. Afin de respecter les croyances locales il est interdit de photographier certaines grottes et il est déconseillé de gravir jusqu'au sommet de la barre rocheuse d'Uluru.

Afin de respecter notre budget, nous avons réservé avec l'agence "Rock Tour" qui offre le trajet, deux nuits à la belle étoile et de copieux repas réalisés par...nous-mêmes! Nous étions une vingtaine dont l'âge moyen devait se situer autour de 23 ans. Notre guide Sam semblait fasciné par ces lieux mystiques et ne cessait de nous conter les légendes et les rapports géologiques établis. Tournant le dos à une surface rocheuse de l'Uluru, Sam nous expliqua qu'il n'avait jamais osé regarder ce site réservé aux femmes. Au Kings Canyon, nous avons appris que le grand Canyon des Etats-Unis n'était pas un canyon mais une gorge formée par une rivière. Les canyons sont le résultat de mouvements tectoniques, provoquant le soulèvement d'importantes masses rocheuses. Soumis à l'érosion de l'eau et du vent pendant des milliers d'années, les parois deviennent alors lisses et courbées. 

Le soir, près du feu de bois, nous nous sommes familiarisés avec la culture locale en discutant avec des Australiens et des étrangers en working holidays. Nous avons eu la confirmation de ce que Julien avançait dans le post précédant. Il existe une ségrégation frappante entre le peuple australien et le peuple aborigène. Certaines tribus vivent encore à l'état sauvage en chassant des kangourous et cueillant des baies sauvages. Les groupes intégrés à la culture anglo-saxone survivent des aides de l'état avec une notion bien vague du travail et de l'argent. Dans la langue aborigène, on peut compter jusqu'à cinq, comme les doigts d'une main. Au-delà, on dit seulement "beaucoup". Preuve que les échanges monétaires sont considérés comme mineurs. Plutôt que de vouloir à tout prix les intégrer à la culture occidentale, le gouvernement australien devrait insister sur les spécificités culturelles des aborigènes et tenter de prendre en compte leur désir d'indépendance.

Centre de Sydney
Près de l'opéra
Blue Mountains
Kings canyon
Kata Tjuta
Uluru

dimanche 15 août 2010

Los parisinos au pays des kangourous

Alice Springs, 5e jour en Australie.

Nous sommes arrivés en Australie ! Après 18 heures de vol et une escale en Nouvelle Zélande. Une petite formalité après les journées de bus que nous avions fait en Amérique du Sud. A peine le temps de regarder un film ou deux et hop nous voici déjà arrivés.

Nous avons passé 4 jours à Sydney. Ça change des Andes ! Nous retrouvons l'ambiance anglo-saxonne de Londres, ses pubs et ses restaurants asiatiques. C'est une ville plutôt agréable, tempérée et aérée, où il est possible de faire à la fois du surf et du snowboard selon la saison. Et il suffit de prendre sa voiture une demi-heure pour se retrouver au milieu de la brousse australienne. Nous avons passé une nuit en auberge de jeunesse puis deux nuits en "couchsurfing" chez Katherine. Encore une démonstration d'hospitalité inoubliable. Elle nous a baladé toute la journée dans sa voiture faire le tour de la région et notamment des fameuse Blue Montains.

Mais nous ne sommes pas restés très longtemps à Sydney. Notre séjour en Australie sera très rythmé. Nous n'y resterons que 15 jours et nous prendrons l'avion 3 fois. Nous avons décollé aujourd'hui pour Alice Springs. C'est là que se trouve Ayers Rock, la montagne sacrée des aborigènes. C'est aussi ici que se trouve la plus importante communauté d'aborigène. Et c'est donc ici qu'est le plus flagrant l'échec catastrophique de leur intégration dans le monde occidental. L'ambiance de la ville est dérangeante, malsaine. Ici les blancs habitent dans des grandes villas et les natifs mendient dans la rue. Les blancs boivent des pintes dans les pubs et les natifs vendent des colliers sur le trottoir d'en face.

Demain, nous partons avec nos sacs de couchage pour 3 jours de virée dans le désert australien.

Vendredi nous prendrons l'avion une nouvelle fois pour nous diriger vers Cairns, à côté de la barrière de corail, où nous devrions voir en vrai les requins que nous avons vu tourner dans l'aquarium de Sydney (clin d'oeil à la famille Wiesel à qui ça devrait rappeler quelque chose... ^^)

Les photos au prochain épisode !

mardi 10 août 2010

Adiós América del Sur

4e jour à Santiago, 110e jour en Amérique du Sud.

Après Cuzco, son Machu Pichu et ses marches d'escaliers, nous nous sommes dirigés vers le sud du Pérou. C'est que la fin de l'Amérique du Sud approchait, et il fallait que nous soyons rapidement à Santiago (3000 km au sud de Cuzco) pour prendre notre avion.

Nous avons fait une petite escale à Arequipa, qui est la deuxième plus grande ville du Pérou. Pour les touristes, cette ville est surtout réputée pour le "canyon de Colca" avoisinant. C'est parait-il le deuxième plus profond canyon du monde, devant le Grand Canyon des Etats-Unis (le premier est également au Pérou mais il est très difficilement accessible). Nous avons fait une petite randonnée pour descendre au fond de ce canyon : 1200 m de dénivelé. Il y avait au fond une petite oasis (tout le reste du paysage était désertique) très agréable. Puis nous nous sommes retapés les 1200 m de dénivelé en montant pour revenir. On était bien content d'arriver !

Nous avons ensuite passé la frontière vers le Chili. Nous avons passé quelques jours à Arica dans une très sympathique auberge de jeunesse ambiance "colocation" tenue par Jennifer, une jeune française qui a décidé de construire son auberge de jeunesse au milieu du désert chilien. Ce désert est assez impressionnant. En général dans un désert il fait plutôt chaud. Pas ici. Il faisait même plutôt froid. C'est juste qu'il se situe géographiquement sur une mince bande de terre entre l'Océan Pacifique et les Andes où il ne pleut jamais. Absolument jamais. Pas le moindre petit végétal n'y pousse et il n'y a que des dunes de sable et de terre à perte de vue.

Nous avons ensuite continué notre route vers le sud. Nous avons fait une petite halte à La Serena, connue pour ses nombreux observatoires.

Après avoir découvert les constellations de l'hémisphère sud (ce ne sont pas les mêmes que chez nous !) et admiré les anneaux de Saturne dans le téléscope, nous sommes partis pour Santiago du Chili. Hop, 24 petites heures de bus. Sur le pouce.

Nous avons décidé de réessayer de faire du "couchsurfing", c'est à dire de trouver une famille locale pour nous héberger. Et nous avons été admirablement accueillis par Miguel, Rosi et leur fille Macarena. Nous sommes très émus par leur hospitalité. Ils nous ont fait visité toute la ville et nous avons passé des soirées mémorables en leur compagnie.

Mais il est aujourd'hui l'heure de passer au 2e chapitre de notre voyage. Nous décollons ce soir à 23h pour le plus long vol qu'on puisse faire. La traversée du Pacifique destination Sydney en Australie. Nous ne sommes pas trop déçus de partir. Les pays d'Amérique du Sud se ressemblaient un petit peu. Et leur culture est tout de même relativement proche de la notre (ce sont des latins !). Ce n'est pas aussi dépaysant que l'Asie. Et puis ce n'est pas comme si nous revenions à la vie parisienne. Nous terminons un voyage pour en recommencer un autre !

Voici en épilogue un petit résumé des épisodes précédents. En Amérique du Sud nous avons :
  • Bu une caïpirina sur la plage de Copacabana de Rio de Janeiro, entre les strings-bikinis
  • Dormi dans une Maison des Mines brésilienne
  • Regardé un match de foot avec des brésiliens (ça décoiffe)
  • Été trempés jusqu'à l'os par les pluies diluviennes brésiliennes
  • Pris un bus pendant 36 heures d'affilé sans descendre une seule fois
  • Mangé un barbecue de boeuf avec des argentin. L'extase.
  • Reconstitué l'expérience du capitaine Haddock consistant à cracher sur un lama. Je valide l'expérience : le lama vous crache dessus en retour
  • Fait pipi à plus de 5000 m d'altitude
  • Dormi dans un maison sans chauffage par -20°C
  • Mâché des feuilles de coca. C'est naze. Ça excite moins que le thé et c'est vraiment dégueulasse.
  • Pêché des piranhas puis nous les avons mangés. C'est super bon.
  • Chassé les anacondas dans un marécage nauséabond. Au début on regardait s'il n'y avait pas de trou dans nos bottes pour éviter de nous salir les chaussettes. En fait le trou le plus gênant c'était celui par lequel on rentre son pieds : on avait de la boue jusqu'aux cuisses. Galère. On a trouvé 2 bébés anacondas de 2 mètres.
  • Nagé avec les dauphins roses d'Amazonie, au même endroit que là où nous avions pêché les piranhas et avec des alligator tout autour qui nous regardaient. Mais c'est pas dangereux nous disait le guide. Il faut écouter son guide.
  • Été accompagné dans notre cabane dans la jungle par un Thysania Agrippina. C'est le plus grand papillon du monde. J'étais persuadé que c'était un oiseau ou une chauve-souris.
  • Mangé des sushis à La Paz, en Bolivie. Pour mémoire il n'y a pas de mer en Bolivie. Mais après tout quel rapport avec les poissons ?
  • Grimpé sur le Machu Pichu à pied. Enfin avec ce qu'il en restait (des pieds)
  • Mangé du cochon d'inde grillé, délicatement appelé "cuy" (prononcez couilles) au Pérou. C'est une spécialité péruvienne. Pour ceux qui n'ont pas d'affection particulière pour les cochons d'inde, vous pouvez taper "cuy chactao" sur Google pour voir à quoi ressemble le plat. Au goût ça ressemble à du poulet mais en plus fin.
  • Écouté la Marseillaise à fond chantée par Mireille Mathieu dans le salon de notre hôte chilien. Il était complètement obsédé par la France.
  • Dansé la salsa dans une boite de nuit chilienne. Enfin essayé.
  • Tenu le budget que nous avions prévu en Amérique du Sud. C'est fou.
Ça, c'est fait. Rendez-vous en Australie !

La petite oasis au fond du canyon de Colca. Ça donne envie de vite finir la randonnée !

Les prises de courant au Pérou et en Bolivie. Et encore, je n'ai pour l'instant pas parlé des fameuses douches électriques. Oui vous avez bien entendu. Mais il y a les mêmes en Asie donc j'aurai l'occasion d'en reparler.

Les pélicans du port d'Arica, qui attendent le retour des bateaux de pêche.

La famille qui nous a hébergé à Santiago. Super gentille ! Ce soir-là, Marina leur avait concocté une petite recette japonaise.

Le plage d'Arica. Snif ! Copacabana semble bien loin.

Le désert du nord du Chili.